Honoré Charles Reille

Comte de l'Empire

Prononciation :

Blason de Honoré Charles Michel Joseph Reille (1775-1860)

Comme beaucoup d'officiers de sa génération, Honoré-Charles-Michel-Joseph Reille doit sa carrière fulgurante aux guerres de la Révolution et du Premier empire. À trente et un ans, il est déjà général de division et aide de camp de l'Empereur, à trente-quatre, il commande une armée en Espagne, à trente-neuf, il dirige un corps d'armée à Waterloo. Il a moins de quarante ans à la chute de Napoléon.

Reille naît à Antibes  , le 1er septembre 1775, dans une famille bourgeoise. Son père, Esprit-Joseph Reille, est conseiller du roi, lieutenant de la justice royale d’Antibes et subdélégué de l’intendant. Le jeune Honoré entre dès 1789 dans la garde nationale de sa ville. Il y fait son premier apprentissage militaire.

Ce n'est toutefois qu'en s'engageant comme grenadier au 1er bataillon de volontaires du Var, le 1er octobre 1791, qu'il entre véritablement au service. Il a tout juste seize ans. L’année suivante, il passe au 94e régiment d’infanterie, sert dans l'armée de Charles François Dumouriez et participe aux campagnes menées en Belgique. Par sa conduite lors de la bataille de Neerwinden, le 18 mars 1793, il s'acquiert le grade de lieutenant.

On l'envoie ensuite devant Toulon, où il rencontre le général André Masséna, dont il devient l’aide de camp. Cette relation jouera un rôle essentiel, dans sa carrière militaire comme dans sa vie privée. Reille suit son chef à l’armée d’Italie et participe aux combats de Montenotte, Dego, Lodi, Arcole et Rivoli.

Nommé capitaine en 1796, puis chef d’escadron, ses fonctions l'appellent moins souvent sur le terrain qu'à l'état-major. Il s'affirme montre un officier digne de confiance, capable de transmettre des ordres, de reconnaître un terrain et de faire preuve d'initiative.

En 1799, il est promu adjudant général et continue à servir auprès de Masséna dans l’armée d’Helvétie. Au cours de la seconde bataille de Zurich, les 25 et 26 septembre, il remplace provisoirement Nicolas Oudinot, blessé, à la tête de ses troupes.

Au printemps 1800 il accomplit un exploit remarquable : délivrer à Masséna, assiégé dans Gênes, les instructions du Premier consul. Il a réussi à pénétrer dans la ville malgré le blocus établi par les Autrichiens côté terre et par les Britanniques côté mer. Il demeure ensuite sur place jusqu’à l'évacuation de la cité par les Français.

Après un court séjour en France, il retourne en Italie durant l'été 1800 pour participer à l’expédition de Joachim Murat dans le royaume de Naples.

Reille est promu général de brigade le 29 août 1803 et reçoit le commandement d'une brigade au camp de Boulogne. Napoléon manifeste la confiance qu'il lui accorde en l’employant dans plusieurs missions d’observation en Bavière, en Autriche et en Italie.

En 1805, Reille reçoit une affectation dans les troupes embarquées sur la flotte de Pierre Charles de Villeneuve. Il assiste au combat naval du cap Finisterre avant de quitter l’escadre et de rejoindre la Grande Armée.

Il se distingue pendant les campagnes de 1806 et 1807 contre la Prusse et la Russie. À Saalfeld, Iéna et Pułtusk, il commande une brigade du corps de Jean Lannes. Sa conduite lui vaut d'être promu général de division le 30 décembre 1806.

Il dirige ensuite l’état-major du maréchal Lannes jusqu'à ce que Napoléon le choisisse comme aide de camp après le combat d’Ostrołęka (13 mai 1807). C'est à ce titre que Reille participe à la bataille de Friedland.

En 1808, il est créé comte de l’Empire et envoyé comme commissaire extraordinaire en Toscane avant de rejoindre l'Espagne. Il sert en Catalogne où il dégage la forteresse de Figueras [Figueres] et dirige le siège de Rosas [Roses], qui capitule le 5 décembre.

Rappelé pour la campagne d'Autriche en 1809, il combat à Essling et à Wagram, où il commande une formation de la Jeune Garde chargée de soutenir la grande batterie de Jacques Alexandre Law de Lauriston.

Après un passage en Zélande, il retourne dans la péninsule Ibérique comme gouverneur militaire de la Navarre en mai 1810. Il y mène une lutte éprouvante contre les guérillas, notamment celles de Francisco Espoz y Mina.

Reille renforce ensuite Louis-Gabriel Suchet devant Valence [Valencia] et contribue à la prise de la ville en janvier 1812. Après un commandement en Aragon, il reçoit celui de l’armée française de Portugal.

À Vitoria, le 21 juin 1813, il dirige l’aile droite de l’armée du roi Joseph Bonaparte. Reille continue ensuite à se battre sous les ordres du maréchal Jean-de-Dieu Soult lors des opérations dans les Pyrénées, puis sur la Bidassoa, la Nivelle et la Nive. En 1814, il participe aux batailles d’Orthez et de Toulouse.

Après la première abdication de Napoléon, Reille se rallie à Louis XVIII, qui le nomme inspecteur général d’infanterie, chevalier de Saint-Louis puis grand-croix de la Légion d’honneur. Le 12 septembre 1814, Reille épouse Victoire-Thècle Masséna, fille du maréchal.

Au retour de Napoléon, en mars 1815, Reille reprend du service auprès de l’Empereur. Placé à la tête du IIe corps de l’armée du Nord, il combat sous les ordres du maréchal Michel Ney à Quatre-Bras, le 16 juin.

Deux jours plus tard, à Waterloo, son corps occupe l’aile gauche française. L'attaque de fixation envisagée sur la ferme d'Hougoumont  [50.67060, 4.39465] se transforme en une lutte sanglante et prolongée. Les divisions de Reille sont en grande part engagées dans les assauts successifs, sans succès. Reille a deux chevaux blessés sous lui durant les combats. Après la défaite, il ramène les débris de ses troupes au sud de la Loire.

Mis en demi-solde sous la seconde Restauration, Reille ne subit qu'un ostracisme temporaire. Louis XVIII le nomme pair de France le 5 mars 1819, puis gentilhomme de la chambre du roi.

Après 1830, Reille prête serment à Louis-Philippe, roi des Français et occupe différentes fonctions au sein des conseils supérieurs de l’armée. Le 17 septembre 1847, le roi l’élève à la dignité de maréchal de France. En 1852, Napoléon III le nomme sénateur du Second Empire. Reille conservera ce mandat jusqu’à sa mort.

Il meurt à Paris le 4 mars 1860. Il est inhumé au cimetière du Père-Lachaise, division 28, dans la tombe de son beau-père, André Masséna .

"Honoré Reille". Peint par Charles Philippe Auguste Larivière (1798 - 1876)

"Honoré Reille". Peint par Charles Philippe Auguste Larivière (1798 - 1876)

Le général Moline de Saint-Yon, son ancien aide de camp, le décrit comme un homme calme et modeste, ardent et intrépide au combat, prompt à attribuer ses succès à ses subordonnés plutôt qu’à lui-même.

Remerciements

Les photographies de la maison natale du général Reille et de la plaque qui y est apposée nous ont été gracieusement fournies par M. Romain Pasquier.

Rédaction

Didier Grau. Docteur en Médecine. 13008 Marseille. France Lionel A. Bouchon. Pharmacien. Informaticien. 74540 Gruffy. France

Didier Grau

Lionel A. Bouchon

Cette page a été rédigée par Didier Grau, Docteur en Médecine, 13008 Marseille, France et Lionel A. Bouchon, Pharmacien, Informaticien, 74540 Gruffy. France. Tous deux ont fondé le site Napoléon & Empire en 2008 et l'animent depuis de concert. Leurs recherches portent en particulier sur la localisation précise des lieux de mémoire napoléoniens.

Informations sur la page

Première publication le : 18 août 2026

Durée de lecture : entre 5 et 7 minutes.

Dernière modification le : 18 août 2026

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