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Napoléon & Empire

Siège de Gênes

La défense de Gênes [Genova] par le général André Masséna représente un succès stratégique malgré l'évacuation finale de la ville. L'opiniâtre résistance de la garnison cloue sur place d'importantes forces autrichiennes au moment où l'armée de réserve, le Premier Consul Napoléon Bonaparte en tête, franchit les Alpes pour fondre sur les arrières de l'ennemi. Ce fait d'armes prend ainsi une part décisive au succès de la bataille de Marengo et donc de la seconde campagne d'Italie.

Date et lieu

  • Du 20 avril au 4 juin 1800 à Gênes, en Ligurie.

Forces en présence

  • Armée française (18 000 hommes) commandée par le général André Masséna.  
  • Armée impériale autrichienne (environ 24 000 hommes) sous les ordres du feld-maréchal-lieutenant Peter Karl Ott von Bátorkéz ; escadre de la Royal Navy commandée par Georges Keith Elphinstone.  

Pertes

  • Armée française : autour de 8 000 morts, blessés ou disparus.  
  • Armée autrichienne : environ 6 000 morts, blessés, disparus ou prisonniers.  

Contexte

À l'arrivée au pouvoir de Napoléon Bonaparte, devenu Premier Consul après le coup d'état du 18 brumaire an VIII, la situation militaire française en Italie est passablement délabrée. Les victoires des Austro-Russes d'Alexandre Vassilievitch Souvorov (Алекса́ндр Васи́льевич Суво́ров sur Jean-Victor Moreau à Cassano le 27 avril 1799, sur Étienne Macdonald à La Trebbia les 17, 18 et 19 juin suivants et sur Barthélémy Catherine Joubert  à Novi   le 15 août, ont confiné les troupes françaises sur une étroite bande de terrain, le long de la côte méditerranéenne, entre Gênes et la frontière du département du Var.

L'armée d'Italie, commandée par Masséna depuis le 23 novembre 1799, a non seulement vu son territoire se réduire comme peau de chagrin mais elle manque de tout : vivres, vêtements, munitions. Elle a pourtant pour mission de tenir et de fixer devant elle le plus grand nombre possible de troupes autrichiennes afin de favoriser l'offensive française qui se prépare, en Allemagne et en Italie du Nord.

Forces en présence

En avril 1800, Masséna organise ses forces en trois corps afin de tenir la Ligurie et de gérer la pénurie de soldats. Les maladies déciment en effet ses unités, souvent réduites à des effectifs squelettiques.

  1. L'aile droite est commandée par Jean-de-Dieu Soult et compte une vingtaine de milliers d'hommes. Elle est forte de trois divisions, respectivement dirigées par Sextius Miollis , Honoré Gazan  et Jean-Antoine Marbot . Elle a pour mission la défense de Gênes et des cols de la Bocchetta [44.55068, 8.88782], à 23 kilomètres au nord, débouchant sur le Piémont ;
  2. Le centre est placé sous la responsabilité de Louis-Gabriel Suchet, qui dispose d'une division de 15 à 16 000 hommes pour couvrir Savone [Savona] , à 48 kilomètres vers l'ouest sur la côte ligure, et assurer la liaison entre Gênes et le Var ;
  3. L'aile gauche est sous les ordres de Louis-Marie Turreau . Avec une division de 8 000 hommes, il défend le col du Mont-Cenis [45.25981, 6.90097] et les vallées alpines.

Dans Gênes même, le commandement est confié au général Sextius Miollis. Il dispose d'unités cosmopolites, dont la 2e Légion polonaise.

En face, le feld-maréchal Michael Friedrich Benedikt von Melas  dirige une armée autrichienne puissante (62 000 hommes) et bien ravitaillée. Elle est en outre soutenue par la Royal Navy, qui a mis en place un blocus maritime sous les ordres de l'amiral George Elphinstone, 1er vicomte Keith . Une flottille de chaloupes canonnières napolitaines renforcera son escadre le 7 mai.

Plan autrichien

À l'ouverture de la campagne du printemps 1800, les Autrichiens ont pour objectif de tronçonner l'armée d'Italie. Ils entendent isoler sa droite dans Gênes et rejeter sa gauche au-delà du Var (ce fleuve sert alors de frontière orientale au département du même nom), avant d'envahir la Provence, de s’emparer de Toulon, et de provoquer par là l'effondrement du nouveau régime. Le plan d'opérations autrichien se justifie par l'extrême fragmentation de l'armée d'Italie, imposée à Masséna par la configuration du terrain.

Opérations préliminaires (5-19 avril)

L'armée autrichienne passe à l'offensive le 5 avril 1800. Melas a divisé ses forces en trois colonnes pour envelopper les positions françaises.

À Cadibona   (à 10 kilomètres au nord-nord-ouest de Savone), le 6, le feld-maréchal-lieutenant Karl Joseph Hadik von Futak , à la tête de 13 000 hommes, attaque la division de Jean-Antoine Marbot (3e division de l'aile droite française), qui ne peut lui opposer que 3 000 soldats. Malgré une résistance opiniâtre, les Français sont enfoncés. Le général de brigade Jean-Mathieu Seras  est capturé. Les communications avec Suchet sont définitivement coupées.

Comme prévu par leur plan, les Autrichiens sont parvenus à séparer en deux l'Armée d'Italie. Masséna et Soult, bloqués à l'est, s'enferment dans Gênes. Suchet est contraint de reculer vers l'ouest et doit abandonner Savone.

Simultanément, la colonne du feld-maréchal-lieutenant Peter Karl Ott von Bátorkéz , descendue par la vallée de la Trebbia avec 8 000 hommes, bloque toute issue vers l'est, tandis que le prince Friedrich Franz Xaver von Hohenzollern-Hechingen  menace les cols de la Bocchetta au nord de Gênes.

Pour faire face à cette situation critique, Masséna, avec son audace habituelle, tente une sortie dès le 7 avril. Une colonne de 5 000 hommes, tirée de la garnison de Gênes, attaque les positions de Ott sur le Monte Fasce [44.40942, 9.03417], à 11 kilomètres à l'est. La manoeuvre est couronnée de succès. Les Français capturent 1 400 Autrichiens et repoussent la ligne ennemie.

Cependant, cet avantage tactique ne suffit pas à inverser la tendance générale. À l'ouest, les combats se poursuivent à Sassello [44.47898, 8.49020] le 10 avril ainsi qu'à Monte Settepani [44.24599, 8.19823] ce même jour et le lendemain. Suchet y parvient à capturer 1 200 Autrichiens mais il est finalement submergé sous le nombre quand des renforts amenés par Anton von Elsnitz viennent consolider la supériorité autrichienne.

Le 19 avril, Melas considère Masséna comme bloqué dans Gênes. Il confie alors le commandement du siège à Ott, en lui affectant 24 000 hommes. Melas lui-même part vers l'ouest avec 28 000 soldats pour en finir avec Suchet.

Le siège de Gênes

Topographie

La ville de Gênes se présente alors comme une place forte des plus sûres. La ville, entourée au nord d'un amphithéâtre montagneux, est protégée par deux lignes de défense successives. Les Vieilles Murailles entourent le centre urbain, tandis que les Nouveaux Remparts (Mura Nuove), datant du XVIIe siècle, suivent les crêtes des collines environnantes. Ils s'étendent sur un périmètre d'une vingtaine de kilomètres.

Les points hauts, en dehors des remparts, sont couronnés de forts qui constituent de véritables verrous :

  1. Fort Sperone [44.44057, 8.93040]. Il se situe au sommet du triangle défensif et commande les deux vallées principales, celles de la Polcevera à l'ouest et du Bisagno à l'est, qui entourent la ville.
  2. Fort Diamante [44.46123, 8.93946]. À 670 mètres d'altitude, au nord de la ville, c'est le bastion avancé le plus exposé. Il surveille les approches depuis le Piémont.
  3. Fort Richelieu [44.42131, 8.99155]. À 415 mètres d’ altitude. Il tient son nom du Maréchal Armand du Plessis de Richelieu, qui défendit la ville pendant le siège de 1746-47. L'ouvrage s'élève sur la crête orientale et protège la vallée du Bisagno contre une attaque venant de l'est.
  4. I Due Fratelli (Fratello Minore [44.44057, 8.93039] et Fratello Maggiore [44.45656, 8.93628]). Placées entre le fort Sperone et le fort Diamante, dont elles empêchent l'investissement, ce sont deux redoutes jumelles (Petit et Grand Frère).

Organisation des forces

La capacité des assiégés à tenir ces positions conditionne leur résistance. Si les Autrichiens s'emparent du Monte Peraldo (sur lequel s'élève le fort Sperone), leur artillerie pourra bombarder Gênes avec une précision dévastatrice.

En conséquence, le général Masséna consacre la première journée du siège, le 20 avril, à visiter tous ces postes en compagnie des commandants du génie (chef de bataillon Louis Marès) et de l'artillerie (général Jean Fabre de La Martillière) afin de prescrire toutes les réparations nécessaires et de revoir le placement des batteries.

Enfin, il donne une nouvelle organisation aux forces restant à sa disposition immédiate, c'est-à-dire celles constituant jusque-là l'aile droite de l'armée d'Italie, les répartissant entre deux divisions et une réserve :

  1. Division Miollis. Elle est forte de 4 500 combattants et se déploie de la mer jusqu'aux Due Fratelli, du côté est ;
  2. Division Gazan. Elle compte 3 500 soldats et couvre le côté ouest du dispositif ;
  3. Réserve. Ses 1 600 soldats, sous les ordres du général Pierre Poinsot de Chansac, se tiennent dans la ville elle-même.

L'armée autrichienne, pour sa part, se structure pour le blocus. Le général Ott est secondé par le feld-maréchal-lieutenant Ludwig von Vogelsang , chargé des secteurs nord, le Generalmajor Friedrich Heinrich von Gottesheim, commandant l'avant-garde et les unités de reconnaissance.

Début du siège de Gênes

Le 20 avril, le siège proprement dit commence. L'amiral britannique Keith déploie sa flotte (le vaisseau Minotaur, les frégates Phaëton, Mondovi et Phoenix, le cotre Entreprenante, le ravitailleur Victoire) afin d'interdire tout secours par mer. Les navires se livrent également à des bombardements qui ne visent pas seulement les batteries côtières mais portent aussi des coups sévères au moral de la population civile.

Masséna réplique en faisant tirer sur les vaisseaux anglais à boulets rouges, les forçant parfois à prendre le large. En parallèle, dès le 24, il fait prévenir le Premier Consul que Gênes ne peut espérer tenir plus de dix ou quinze jours, par manque d'approvisionnements.

Tentative d'assaut général autrichien

Le 30 avril 1800, Ott tente de hâter la décision en lançant un assaut général. L'attaque débute avant l'aube, soutenue par la flotte britannique sous la forme d'un bombardement massif. Le Generalmajor Nikolaus Pálffy ab Erdöd monte à l'assaut de la redoute des Deux-Frères avec deux régiments d'infanterie. Les Autrichiens se rendent maîtres de l'ouvrage.

Simultanément, le colonel de cavalerie Johann Maria Philipp Frimont  s'empare de positions avancées à l'est. S'il se saisit de Madonna-del-Monte [44.41303, 8.96388], les Autrichiens pourront de là bombarder Gênes et la situation de la ville deviendra désespérée.

Masséna, manifestant ce sang-froid dans la tourmente qui a fait sa réputation, organise immédiatement une contre-attaque avec les restes de la division Gazan. Au prix de combats féroces, les Français reprennent toutes les positions cédées précédemment. Les Autrichiens ont perdu dans la journée plus de 3 000 hommes, les Français autour de 1 500.

Cet échec convainc Ott que seule la famine pourra venir à bout de la résistance de Masséna.

Le mois de mai : famine, maladie et sorties

Pour les assiégés, le mois de mai 1800 se révèle extrêmement difficile. La ville subit bombardements et famine. Les rations de pain — un pain composé d'amidon, de graines de lin, de cacao et de paille — sont de plus en plus maigres. Les chevaux de la cavalerie, puis les animaux domestiques et enfin les rats apparaissent successivement au menu avant de faire défaut tour à tour.

Près de 30 000 civils meurent de faim et de typhus, pour une population totale estimée, selon les sources, entre 70 000 et 160 000 habitants.

Les prisonniers autrichiens, détenus dans des pontons, rongent les cordages avant d'en venir au cannibalisme. Le commandement autrichien a refusé de fournir les vivres qu'a réclamés pour eux Masséna. Le général en chef français a donc à peu près cessé de les nourrir, préférant réserver à ses propres troupes les rares provisions dont il dispose.

Le 5 mai, un petit bateau parvient à forcer le blocus anglais, apportant cinq jours de vivres et une courte amélioration.

La capture du général Soult (13 mai 1800)

Masséna, qui espère une intervention de Bonaparte ou de Suchet, ordonne une sortie majeure le 13 mai pour tenter de lever le blocus sur le flanc nord. Les combats s'engagent sous une pluie battante. Le général Soult mène l'attaque vers le Monte Creto [col à 44.47215, 9.00896]. Alors qu'il dirige ses troupes, une balle lui fracasse la jambe droite. N'ayant pu être évacué, il est capturé par les Autrichiens.

La perte est d'importance. Soult est le bras droit de Masséna. Celui-ci se retrouve seul pour diriger les opérations et maintenir l'ordre au sein d'une population rongée par le désespoir et de plus en plus tentée par la révolte (il faudra installer des canons dans les rues le 29 mai pour prévenir des émeutes). Du jour de cette capture, les sorties se raréfient et ne visent plus qu'à s'emparer de quelques subsistances dans les avant-postes ennemis.

Le 14, un courrier du Premier Consul, apporté par le chef d'escadron Jean-Baptiste Franceschi-Delonne  qui a pu franchir en barque puis à la nage les lignes de la flotte anglaise, annonce son entrée en campagne. Masséna le fait traduire, imprimer et distribuer partout en vue de galvaniser les troupes et de rétablir le moral de la population.

Le 20, une autre dépêche laisse espérer un déblocage de la ville avant la fin du mois et rend à nouveau un peu de courage et d'énergie à des défenseurs épuisés.

La délivrance sera un peu plus tardive mais viendra effectivement des mouvements de l'armée de réserve qui franchit le col du Grand-Saint-Bernard   entre le 15 et le 23 mai. Le 2 juin, Bonaparte entrera dans Milan, menaçant les lignes de retraite de Melas vers l'Autriche.

Ce dernier, ayant anticipé le danger, ordonne dès le 27 mai à Ott de lever le siège de Gênes et de le rejoindre en hâte à Alexandrie [Alessandria] . Ott reçoit cet ordre le 2 juin. Cependant, persuadé que Gênes est à bout de résistance puisque Masséna vient d'accepter le principe de négociations, il s'accorde un délai de deux jours pour obtenir la capitulation de la place, espérant s'emparer de la ville avant de partir.

La Convention de Gênes

Le 1er juin, Masséna, ne disposant plus que de quelques jours de vivres et voyant ses soldats mourir de faim, s'est effectivement résigné à discuter. Les pourparlers s'ouvrent dans une atmosphère de tension extrême. Masséna, malgré sa situation désespérée et avec une audace époustouflante, pose ses conditions. Il refuse que le mot « capitulation » figure dans la convention et exige que ses troupes sortent avec les honneurs de la guerre.

Le 4 juin 1800, dans la minuscule chapelle du pont de Cornigliano [44.41555, 8.87980], la Convention de Gênes est signée entre les Français, les Autrichiens et les Britanniques.

Elle stipule que les 8 000 soldats français en état de marcher regagneront leur pays par la côte avec « armes et bagages ». Masséna lui-même et son état-major s'embarqueront pour Antibes sur des navires corsaires. Les malades et les blessés (environ 16 000) resteront sous la garde des Autrichiens en attendant que la Royal Navy les rapatrie en France.

Le 5 juin, les troupes autrichiennes entrent dans une ville dévastée. Masséna a tenu la gageure de fixer le corps d'armée d'Ott pendant plus de deux mois devant Gênes.

Bilan et conséquences

Sur les 7 000 à 8 000 soldats français qui quittent Gênes à pied, plus de 6 000 seront jugés inaptes au combat à leur retour en France.

Les estimations des pertes sont très variables selon les sources. Pour l'armée française, elles oscillent entre 8 000 et 14 000 morts, blessés ou disparus, auxquels il faut ajouter 6 000 malades. L'armée autrichienne a perdu pour sa part entre 6 000 et 20 000 hommes. Enfin, entre 15 000 et 30 000 victimes civiles s'ajoutent à ce décompte.

Ott, une fois levé le siège, marche sur Alexandrie. Il se heurte à l'avant-garde française à Montebello puis participe à la bataille de Marengo. Mais sa longue station devant Gênes a privé les Autrichiens des forces nécessaires pour contrer en temps utile l'offensive du Premier Consul.

Carte du siège de Gênes

Batailles napoléoniennes - Carte du siège de Gênes

Témoignages

Rapport du Général Ott sur la Capitulation de Gênes

Au Quartier Général de Sestri, le 4 juin 1800

Excellence,

J’ai l’honneur de vous informer que la ville de Gênes est enfin tombée au pouvoir des armes de Sa Majesté Impériale. Après une résistance des plus opiniâtres, le général Masséna, pressé par la famine et l'épuisement total de ses ressources, a demandé à entrer en négociation.

Les termes de la convention, signée ce jour au pont de Cornigliano, stipulent que la garnison française évacuera la place avec les honneurs de la guerre. Bien que mon instruction première fût d'exiger une reddition inconditionnelle, l'urgence de porter mes troupes vers le Pô pour contrer l'avance de l'armée de réserve française [commandée par Bonaparte] m'a dicté cette conciliation.

La ville est dans un état déplorable ; la population a souffert des maux indicibles, et la garnison ennemie est réduite à l'état de spectres. Néanmoins, Masséna a maintenu une discipline de fer jusqu'au dernier instant. Nos troupes prendront possession des portes demain à l'aube.

Je me mets immédiatement en marche avec le corps d'armée pour rejoindre vos positions, conformément à vos ordres récents.

Signé : Ott, Lieutenant-Général.

Carte de la seconde Campagne d'Italie en 1800  Afficher la carte de la seconde Campagne d'Italie

La Campagne d'Italie de 1800 jour après jour  La Campagne d'Italie de 1800 jour après jour

Crédit photos

  Photos par Lionel A. Bouchon.
  Photos par Marie-Albe Grau.
  Photos par Floriane Grau.
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  Photos par Didier Grau.
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