Bataille de la Bérézina
Date et lieu
- 26 au 29 novembre 1812 près de la rivière Bérézina, affluent du Dniepr (actuellement en Biélorussie).
Forces en présence
- Grande Armée : 49 000 combattants sous le commandement de l'Empereur Napoléon Ier.
- Armée russe sous les ordres du tsar Alexandre Ier, des généraux Mikhaïl Illarionovitch Golenichtchev-Koutouzov et Pierre Wittgenstein, et de l'amiral Pavel Vasilievich Tchitchagov.
Pertes
- Grande Armée : 25 000 combattants, 10 000 à 30 000 traînards.
- Armée russe : plus de 20 000 hommes.
La bataille de la Bérézina représente l'unique exemple d'une victoire dont le nom soit paradoxalement passé dans la langue commune comme un synonyme de désastre ou de déroute.
La situation générale
Cinq semaines après son départ de Moscou, la Grande Armée poursuit sa retraite après la désastreuse Campagne de Russie. La chute de Minsk aux mains des Russes l'a contrainte à se dérouter en direction de la Bérézina [Бярэзіна], un affluent du Dniepr [Дняпро]. Le maréchal Mikhaïl Illarionovitch Golenichtchev-Koutouzov (Михаил Илларионович Голенищев-Кутузов) entend bien profiter de cet obstacle naturel qui se dresse sur le chemin de son adversaire pour l’anéantir une bonne fois pour toutes.
La Bérézina n’étant pas gelée malgré les températures glaciales, la ville de Borisov [Барысаў] [54.245223, 28.50443] et son pont ont acquis une importance stratégique. Les forces françaises y convergent :
- la Garde et les Corps qui reviennent de Moscou autour de Napoléon :
- 1er (maréchal Davout) ;
- 3e (maréchal Ney) ;
- 4e (prince Eugène de Beauharnais) ;
- 5e (général Poniatowski); ;
- 8e (général Junot).
- le 2e Corps, sous le commandement du maréchal Nicolas Oudinot ;
- le 9e, sous celui du maréchal Victor ;
- la garnison polonaise chassée de Minsk par Pavel Vasilievich Tchitchagov (Па́вел Васи́льевич Чича́гов) ;
- la division du général Jan Henryk Dąbrowsk (Jean Henri Dombrowski).
Le tout représente 49 000 hommes environ, suivis par 40 000 traînards.
Pas moins de trois armées russes se dirigent également vers ce point de passage obligé des Français :
- l'armée du centre, du maréchal Koutouzov (70 000 hommes), à la poursuite de Napoléon depuis Moscou. Son gros arrive du sud-est. Son avant-garde, constituée des Cosaques de Matveï Ivanovitch Platov (Матвей Иванович Платов) et de la réserve de Mikhaïl Andreïevitch Miloradovitch (Михаил Андреевич Милорадович), talonne l'arrière-garde française, à l'est ;
- l'armée du général Pierre de Sayn-Wittgenstein (Пётр Христиа́нович Ви́тгенштейн) (30 000 hommes). Elle accourt du nord ;
- l’armée de Moldavie, sous l'autorité de l'amiral Tchitchagov (35 000 hommes). Elle approche depuis le sud-ouest.
Le 21 novembre 1812, Tchitchagov prend le contrôle de Borisov. La situation de l’armée française paraît désespérée.
Quarante-huit heures plus tard, le 23, le 2e Corps réoccupe Borisov. Ses adversaires se retirent sur la rive opposée, où ils s’installent en force après avoir incendié le pont derrière eux. Tchitchagov gardera les jours suivants une prudente expectative, comme l’ensemble des généraux russes. Cette passivité va rendre leurs manoeuvres caduques.
Construction des ponts de Studianka
Le général Jean-Baptiste Juvénal Corbineau a en effet découvert un gué à Studianka [Студзёнка] [54.32604, 28.35336], un village situé à vingt kilomètres au nord de Borisov. Le lit de la rivière, en dépit de berges marécageuses, y paraît suffisamment étroit et peu profond pour qu’on puisse envisager d’y construire un pont.
Sur ordre de Napoléon, le général Jean-Baptiste Éblé et ses pontonniers se mettent aussitôt au travail, malgré la température assassine des eaux et la présence de feux de bivouac russes sur la rive opposée. Des sapeurs les secondent sans entrer dans les flots.
La plus grande part de leur matériel ayant été abandonnée dix jours plus tôt à Orcha du fait de la pénurie de chevaux, les Français tirent des maisons de Studianka la matière première de l'essentiel des ouvrages : chevalets et tablier. Ce dernier est recouvert ensuite de paille et de chanvre.
Ce déploiement d'activité ne provoque aucune réaction russe. Une manoeuvre de diversion organisée par l'Empereur à Borisov, où la division Louis de Partouneaux a fait mine de tenter le passage et où Napoléon s’est ostensiblement présenté le 25, a totalement leurré Tchitchagov, fixant son attention loin de la zone sensible.
À l'instar de tout le commandement russe, il pense que les Français entendent toujours se diriger sur Minsk afin de se rapprocher du Corps autrichien du général Charles-Philippe de Schwarzenberg.
Ce sont les travaux menés à Studianka que l’amiral regarde comme une supercherie. En conséquence, il déplace son armée au sud de Borisov, positionnant son avant-garde, conduite par le général Yefim Ignatievitch Tschaplitz (фим Игнатьевич Чаплиц), à quinze kilomètres au sud de Brili [Брылі].
Le matin du 26, les Français constatent que les Russes ont totalement déserté la rive droite face à Studianka. Quarante cavaliers traversent aussitôt à gué. Quatre cents fantassins les rejoignent sur des radeaux. Ensemble, ils assurent la sécurité de la fin du chantier.
Bientôt, deux passerelles précaires, distantes de cent mètres et longues d'autant, enjambent la Bérézina : la première, à droite (au nord, en amont), pour l’infanterie, la seconde, à gauche (au sud, en aval), plus robuste, pour l’artillerie et les voitures. Napoléon n'a pas quitté les berges de la rivière durant les travaux, encourageant les ouvriers, offrant à l'occasion une bouteille de vin aux plus transis d'entre eux.
Vers 13 heures, les troupes françaises commencent à franchir la Bérézina. Le 2e Corps et la division Dombrovski passent les premiers. Ils sont suivis du 3e Corps du maréchal Michel Ney et du 5e Corps du prince Joseph Antoine Poniatowski. En parallèle, plus tard dans l’après-midi, à partir de 16 heures, l’artillerie entame elle aussi la traversée, qui doit s’interrompre plusieurs fois à cause de l’affaissement des chevalets. Beaucoup de conducteurs ne respectent pas les recommandations et font trotter leurs chevaux, provoquant des enfoncements.
Les combats
Journée du 27 novembre 1812
Le 27, sur la rive droite, Oudinot repousse des détachements du général russe Tschaplitz. Celui-ci tente de reprendre pied à Brili, après avoir appris que les Français sont bel et bien en train de franchir le cours d'eau. Tchitchagov, lui, ne constatant aucune activité en aval de Borisov, se rapproche de la ville, mais attend d’avoir rassemblé ses troupes avant de remonter plus au nord.
Pendant ce temps, la traversée se poursuit. Passent successivement :
- Napoléon et la Garde ;
- le 4e Corps du prince Eugène de Beauharnais ;
- le 8e Corps de Jean-Andoche Junot ;
- en soirée, le 1er Corps du maréchal Davout, qui a tenu jusque-là l'arrière-garde ;
- diverses unités dont la division Daendels (26e division, 9e Corps).
Sur la rive gauche, ne reste plus qu'une partie du Corps de Victor et en particulier la division Partouneaux (12e). Celle-ci a été maintenue à Borisov pour neutraliser la menace que font planer Wittgenstein et Tchitchagov sur les flancs de l’armée française. Sa présence a permis à l'arrière-garde de se replier en relative sécurité.
Durant la nuit, après avoir tenu sa position jusqu'après le passage du 1er Corps et des traînards, Partouneaux s’égare en cherchant à regagner à son tour Studianka. Encerclé par Wittgenstein vers Staroï-Borisov, il doit déposer les armes non sans avoir tenté une percée au cours de laquelle le 126e régiment d’infanterie est presque anéanti. De son côté, Tchitchagov, conscient qu’il a été mystifié, rétablit le pont de Borisov et assure ainsi la jonction avec Wittgenstein.
Journée du 28 novembre 1812
Le 28 au matin, sous la neige, les Russes déclenchent une offensive coordonnée sur les deux rives de la Bérézina.
L’Empereur renvoie sur la rive gauche la division Daendels. Elle traverse avec difficulté les ponts, à contre-courant de la foule, pour renforcer le Corps de Victor qui subit le choc de Wittgenstein. Ce sont 10 000 Français et alliés qui doivent contenir 30 000 Russes. Ils résistent toutefois vaillamment et reculent à pas comptés. Le général de cavalerie François Fournier-Sarlovèze multiplie les charges. Une batterie de la Garde installée sur la rive droite pilonne l'ennemi.
Wittgenstein, à partir de 13 heures, a suffisamment progressé pour pointer à son tour son artillerie sur les traînards français et les ponts, provoquant des paniques. À l'issue d'un long affrontement, le 9e Corps traverse enfin la rivière vers 22 heures, après que les pontonniers ont dégagé pour lui les abords des ponts, encombrés d’hommes et de chevaux morts.
Sur la rive droite, Oudinot, bientôt blessé comme de coutume, puis Ney, disposant de 18 000 vétérans dont 9 000 Polonais, s'opposent aux forces envoyées par Tchitchagov. La fatigue pèse lourdement dans les deux camps, car les Russes se sont également épuisés depuis trois jours en marches et contremarches.
Les combats sont néanmoins violents. L’infanterie française défend âprement ses positions, soutenue par l'artillerie du 2e Corps. Les Russes sont au bout du compte repoussés sur le village de Bolchoï-Stakhow par une charge des cuirassiers du général Jean-Pierre Doumerc — ceux du moins dont les chevaux n’ont pas déjà fini en viande de boucherie. Les Corps d’Eugène et de Davout en profitent pour s’engager sur la route de Vilna, protégée par la jeune Garde du maréchal Adolphe Mortier.
Journée du 29 novembre 1812
Quand se lève l’aube du 29, la quasi-totalité des troupes encore organisées ont atteint la rive droite.
Eblé détruit finalement son oeuvre durant la matinée, après avoir tardé le plus possible pour offrir aux traînards une ultime occasion de se sauver. Il en reste toutefois des milliers sur la rive gauche. La plupart n’ont pas voulu quitter leurs feux malgré les avertissements qui leur ont été prodigués. Certains tenteront à la dernière minute de s’enfuir en se jetant à l’eau où dans les flammes qui ravagent les ponts. Les autres seront faits prisonniers.
Wittgenstein bloqué à Studianka, seul Tschaplitz est en mesure de poursuivre les Français en marche vers Vilna. Mais ceux-ci détruisent derrière eux plusieurs ponts indispensables à la traversée des marais de Gaina, entre Brili et la route de Zembin. Tschaplitz ne peut franchir cet obstacle. La Grande Armée s’est échappée.
Bilan
Les pertes défient l'imagination.
Elles atteignent presque 25 000 combattants côté français, dont les 4 000 de la division Partouneaux. La capture de ceux-ci contrarie particulièrement Napoléon, car il s’agit de troupes encore assez vigoureuses, arrivées récemment en Russie. Leur relative fraîcheur aurait été précieuse pour la suite de la retraite.
Les 2e et 9e Corps sont les plus éprouvés : leurs effectifs ont fondu de moitié. La Garde, qui n’a pourtant pas été engagée, passe de 3500 à 2000 hommes. Pour ce qui est du matériel, seuls vingt-cinq canons sont abandonnés à l’ennemi.
À ces chiffres déjà considérables, il faut ajouter ceux des traînards, bloqués sur la rive gauche par leur propre apathie, et dont le nombre reste difficile à évaluer. Il varie selon les sources de 10 000 à 30 000 personnes. Une grande majorité d’entre elles succombera les jours suivants à la faim et à l’hypothermie.
Côté russe, le décompte des morts et des blessés s’élève à une vingtaine de milliers d’hommes, ce qui confirme l’ardeur des combats.
Conséquences
Du point de vue strictement militaire, le passage et la bataille de la Bérézina représentent des succès pour les Français. Ceux-ci ont paré à une catastrophe apparemment inévitable en trouvant une issue à la nasse dans laquelle leurs adversaires ont cru les avoir enfermés.
Les Russes, pour leur part, ont perdu là une occasion unique d’écraser la Grande Armée et peut-être de s’emparer de son chef. Ils le savent et Tchitchagov servira de victime expiatoire à cet échec. Il sera démis de son commandement, ostracisé à la cour et devra s’exiler en France, avant de finir sujet britannique.
Si l’amiral a commis des erreurs, le maréchal Koutouzov, qui n’a pas appuyé ses subordonnés, encourt également de graves reproches.
Du point de vue français, ce succès payé au prix fort — victoire à la Pyrrhus s’il en fut — autorisera toutefois les débris de la Grande-Armée à poursuivre leur retraite. Ils ne connaîtront plus d’engagement majeur au cours du mois suivant, mais subiront un harcèlement constant et meurtrier des Cosaques. S’y ajoutera un froid plus intense que jamais. Si bien que le 26 décembre, au moment de franchir le Niémen et de quitter définitivement le sol russe, il ne se trouvera plus que quelques milliers d'hommes épuisés.
À plus long terme, la bataille de la Bérézina a permis la sauvegarde d’un noyau de vétérans, de nombre d’officiers et de généraux, de deux cents canons, et de Napoléon lui-même. Ce seront les fondations sur lesquels l'Empereur rebâtira dès l’année suivante une armée capable de disputer la victoire à la sixième coalition.
Carte de la bataille de la Bérézina
Tableau - "Przejscie wojsk Napoleona przez Berezyne - Napoléon traversant la Bérézina". Peint en 1866 par January Suchodolski.
Les pontonniers du général Eblé, qui se sont dévoués héroïquement pour sauver la Grande Armée, comptaient une majorité de Français, mais aussi des Hollandais et des Polonais. La plupart d’entre eux perdirent la vie dans ce travail de titan. Six seulement virent la fin de la retraite. Eblé lui-même mourut d’épuisement à Königsberg le 31 décembre 1812.
Le fameux historien soviétique Eugène Tarlé, fervent panégyriste de la « Guerre patriotique » de 1812, jugeait à propos de Napoléon que le passage de la Bérézina constitue un de ses plus beaux faits d’armes
.
Cet épisode dramatique de la campagne de Russie n’a pas laissé insensibles les écrivains : Honoré de Balzac, Victor Hugo, Léon Tolstoï, pour ne citer que les plus grands, y ont trouvé leur inspiration.
Malgré la victoire, l’ampleur des pertes subies a rendu le nom de cette rivière synonyme de désastre ou de catastrophe dans la langue française.
Témoignages
Molodetschino, le 3 décembre 1812.
[...] Le général Dombrowski défendit la tête de pont de Borisow avec trois mille hommes. Le 23, il fut forcé, et obligé d'évacuer cette position. L'ennemi passa alors la Bérésina, marchant sur Bobr ; la division Lambert faisait l'avant-garde. Le deuxième corps, commandé par le duc de Reggio, qui était à Tscherein, avait reçu l'ordre de se porter sur Borisow pour assurer à l'armée le passage de la Bérésina. Le 24, le duc de Reggio rencontra la division Lambert à quatre lieues de Borisow, l'attaqua, la battit, lui fit deux mille prisonniers, lui prit six pièces de canon, cinq cents voitures de bagages de l'armée de Volhynie, et rejeta l'ennemi sur la rive droite de la Bérésina. Le générai Berkeim, avec le quatrième de cuirassiers, se distingua par une belle charge. L'ennemi ne trouva son salut qu'on brûlant le pont, qui a plus de trois cents toises.
Cependant l'ennemi occupait tous les passages de la Bérésina ; cette rivière est large de quarante toises ; elle charriait assez de glaces ; mais ses bords sont couverts de marais de trois cents toises de long, ce qui la rend un obstacle difficile à franchir.
Le général ennemi avait placé ses quatre divisions dans différents débouchés où il présumait que l'armée française voudrait passer.
Le 26, à la pointe du jour, l'empereur, après avoir trompé l'ennemi par divers mouvements faits dans la journée du 25, se porta sur le village de Studzianca, et fit aussitôt, malgré une division ennemie, et en sa présence, jeter deux ponts sur la rivière. Le duc de Reggio passa, attaqua l'ennemi, et le mena battant deux heures ; l'ennemi se retira sur la tête de pont de Borisow. Le général Legrand, officier du premier mérite, fut blessé grièvement, mais non dangereusement. Toute la journée du 26 et du 27 l'armée passa.
Le duc de Bellune, commandant le neuvième corps, avait reçu ordre de suivre le mouvement du duc de Reggio, de faire l'arrière-garde, et de contenir l'armée russe de la Dwina qui le suivait. La division Partouneaux faisait l'arrière-garde de ce corps. Le 27 à midi, le duc de Bellune arriva avec deux divisions au pont de Studzianca.
La division Partouneaux partit à la nuit de Borisow. Une brigade de cette division qui formait l'arrière-garde, et qui était chargée de brûler les ponts, partit à sept heures du soir ; elle arriva entre dix et onze heures ; elle chercha sa première brigade et son général de division qui étaient partis deux heures avant, et qu'elle n'avait pas rencontrés en route. Ses recherches furent vaines ; on conçut alors des inquiétudes. Tout ce qu'on a pu connaître depuis, c'est que cette première brigade, partie à cinq heures, s'est égarée à six, a pris à droite au lieu de prendre à gauche, et a fait deux ou trois lieues dans cette direction ; que dans la nuit, et transie de froid, elle s'est ralliée aux feux de l'ennemi, qu'elle a pris pour ceux de l'armée française ; entourée ainsi, elle aura été enlevée. Cette cruelle méprise doit nous avoir fait perdre deux mille hommes d'infanterie, trois cents chevaux et trois pièces d'artillerie. Des bruits couraient que le général de division n'était pas avec sa colonne, et avait marché isolément.
Toute l'armée ayant passé le 28 au matin, le duc de Bellune gardait la tête de pont sur la rive gauche ; le duc de Reggio, et derrière lui toute l'armée, était sur la rive droite.
Borisow ayant été évacué, les armées de la Dwina et de Volhynie communiquèrent ; elles concertèrent une attaque. Le 28, à la pointe du jour, le duc de Reggio fit prévenir l'empereur qu'il était attaqué ; une demi-heure après, le duc de Bellune le fut sur la rive gauche ; l'armée prit les armes. Le duc d'Elchingen se porta à la suite du duc de Reggio, et le duc de Trévise derrière le duc d'Elchingen. Le combat devint vif ; l'ennemi voulut déborder notre droite ; le général Doumerc, commandant la cinquième division de cuirassiers, et qui faisait partie du deuxième corps resté sur la Dwina, ordonna une charge de cavalerie aux quatrième et cinquième régiments de cuirassiers, au moment où la légion de la Vistule s'engageait dans les bois pour percer le centre de l'ennemi, qui fut culbuté et mis en déroute. Ces braves cuirassiers enfoncèrent successivement six carrés d'infanterie, et mirent en déroute la cavalerie ennemie qui venait au secours de son infanterie: six mille prisonniers, deux drapeaux et six pièces de canon tombèrent en notre pouvoir.
De son côté, le duc de Bellune fit charger vigoureusement l'ennemi, le battit, lui fit cinq à six cents prisonniers, et le tint hors la portée du canon du pont. Le général Fournier fit une belle charge de cavalerie.
Dans le combat de la Bérésina, l'armée de Volhynie a beaucoup souffert. Le duc de Reggio a été blessé ; sa blessure n'est pas dangereuse ; c'est une balle qu'il a reçue dans le côté.
Le lendemain 29, nous restâmes sur le champ de bataille. [...]
Calendrier
Toutes les dates sur cette page sont dans le calendrier grégorien (alors en avance de douze jours sur le calendrier julien en usage en Russie à cette époque).Crédit photos
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