Le calendrier révolutionnaire

Convertisseur de date : calendrier révolutionnaire / grégorien

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Les dates acceptées vont du 1er vendémiaire an I, premier jour théorique de l'ère républicaine, au 10 nivôse an XIV (31 décembre 1805), dernier jour où il fut en usage.

Nous avons choisi de faire s'ouvrir le convertisseur sur la date du 15 vendémiaire an II (6 octobre 1793), car il s'agit du jour de l'entrée en vigueur du calendrier républicain, par décret de la Convention nationale.

Un héritage éphémère de la Révolution Française

Durant tout le Consulat et jusqu'à fin 1805, les Français continuent à vivre, du moins officiellement, au rythme du calendrier de Philippe François Nazaire Fabre d'Eglantine. En effet ce système est abandonné le 22 fructidor an XIII (9 septembre 1805) par senatus-consulte impérial, faisant suite à un rapport de Pierre-Simon de Laplace, qui rétablit le calendrier grégorien à partir du 1er janvier 1806.

Chaque année, qui débute le jour de l'équinoxe d'automne, est divisée en douze mois de trente jours, eux-mêmes divisés en trois parties égales de dix jours chacune, appelées décades. Les jours de la semaine disparaissent également, ceux de la décade étant nommés primidi, duodi, tridi, quartidi, quintidi, sextidi, septidi, octidi, nonidi et décadi (ce dernier étant jour de repos).

Ces douze mois, qui totalisent donc 360 jours, sont suivis en fin d'année de cinq jours complémentaires (six jours les années bissextiles, appelées années sextiles).

Pourquoi l'an I n'existe-t-il pas ?

En fait, l'an I existe bel et bien, il commence le 22 septembre 1792 et se termine le 21 septembre 1793. Mais aucun document authentique n'a jamais été daté de l'an I. Voici l'explication : C'est la Convention Nationale qui a, lors de sa séance du 5 octobre 1793, fixé au 22 septembre 1792 le début du calendrier républicain, cela rétroactivement (plus d'un an après cette date). La première année d'existence de la République Française (qui avait été proclamée le 21 septembre 1792) s'est donc entièrement déroulée sous calendrier grégorien.

En résumé, du 1er vendémiaire an I au 14 vendémiaire an II, les correspondances sont valables mathématiquement et historiquement comme reconstitution, mais les contemporains ne dataient pas encore leurs documents « 2 pluviôse an I » ou « 25 messidor an I ».

À partir du 15 vendémiaire an II, on entre dans la période d’utilisation effective du nouveau calendrier.

Comment sont nommés les mois et les jours complémentaires ? Comment se prononcent-ils ?

Les mois sont nommés de manière évoquant leurs conditions météorologiques usuelles, ou les activités agricoles qui y sont pratiquées. Ce sont les suivants :

  • Vendémiaire - Du 22/23/24 septembre au 21/22/23 octobre. Son nom évoque les vendanges. Le surnom "Général Vendémiaire" sera, un temps, donné à Napoléon Bonaparte qui dirigea la répression du soulèvement royaliste du 13 de ce mois, en l'an IV.

  • Brumaire - Du 22/23/24 octobre au 20/21/22 novembre. Son nom évoque les brouillards. Une date célèbre est le 18 Brumaire an VIII, premier jour du coup d'État de Napoléon Bonaparte, qui s'est prolongé le lendemain.

  • Frimaire - Du 21/22/23 novembre au 20/21/22 décembre. Son nom évoque le froid.

  • Nivôse - Du 21/22/23 décembre au 19/20/21 janvier. Son nom se rapporte à la neige.

  • Pluviôse - Du 20/21/22 janvier au 18/19/20 février. Son nom évoque la pluie.

  • Ventôse - Du 19/20/21 février au 20/21 mars. Son nom évoque le vent.

  • Germinal - Du 21/22 mars au 19/20 avril. Son nom évoque le développement de la sève. Ce mois est le titre d'un des plus célèbres romans d'Émile Zola, publié en 1885.

  • Floréal - Du 20/21 avril au 19/20 mai. Son nom est en rapport avec la floraison.

  • Prairial - Du 20/21 mai au 18/19 juin. Son nom évoque la récolte des prairies.

  • Messidor - Du 19/20 juin au 18/19 juillet. Son nom rappele les moissons.

  • Thermidor - Du 19/20 juillet au 17/18 août. Son nom évoque la chaleur. Une date historique est le 9 Thermidor an II, jour de la chute de Maximilien Robespierre, qui sera guillotiné le lendemain. En gastronomie, le plat de fruits de mer nommé "Homard Thermidor" doit son nom à la pièce de théâtre Thermidor de 1891, qui se déroule pendant la Révolution.

  • Fructidor - Du 18/19 août au 16/17 septembre. Son nom évoque les fruits.

Les cinq jours suivants sont nommés les Sans-culottides , en référence aux Sans-culottes, manifestants populaires lors de la Révolution Française, qui portent des pantalons (souvent à rayures) et non une culotte courte et des bas comme les aristocrates et les bourgeois. Ils sont appelés "Jour de la Vertu" (17/18 septembre), "Jour du Génie" (18/19 septembre), "Jour du Travail" (19/20 septembre), "Jour de l'Opinion" (20/21 septembre) et "Jour des Récompenses" (21/22 septembre) ; le sixième jour, une fois tous les quatre ans, est nommé "Jour de la Révolution".

Le problème des années sextiles

Par principe, le calendrier républicain est ancré sur un phénomène astrologique observable : l'équinoxe d'automne. Le premier jour de chaque année (1er vendémiaire), doit obligatoirement tomber le jour où elle se produit pour le méridien de référence choisi, en l'occurrence celui de Paris (heure solaire vraie de Paris).

L'année républicaine comportant 365 jours (12 mois de 30 jours suivis de 5 jours complémentaires), les concepteurs du calendrier ont prévu de combler l'écart avec l'année solaire (~365,2422 jours) par l'ajout d'un 6e jour complémentaire (la Journée de la Révolution) au terme d'une période appelée la Franciade. L'année dotée de ce sixième jour est qualifiée d'année sextile.

La méthode appliquée pour déterminer la durée de la Franciade stipule que le 6e jour est ajouté dès que l'équinoxe d'automne survient un jour plus tard que l'année précédente - une méthode alternative proposée par Romme et Delambre, semblable à celle utilisée dans le calendrier grégorien, n'a pas été retenue. Il en résulte que l'intervalle entre années sextiles n'est pas nécessairement quadriennal. Ainsi, après les années sextiles III, VII et XI, les suivantes auraient dû être les années XV et XX.

Du fait que la durée réelle de l'année solaire varie légèrement et que l'équinoxe peut survenir à quelques minutes près autour de minuit, il devient impossible d'établir une concordance fixe et perpétuelle avec les calendriers des autres nations sans calculs astronomiques complexes. Cette imprévisibilité à long terme pèsera fortement dans la décision d'en revenir au calendrier grégorien au 1er janvier 1806.

Postérité

Contrairement au système métrique, qui sera adopté par (presque) le monde entier, il s'agit du plus emblématique exemple de nouvelle unité qui ne passera pas à la postérité, après 12 ans, 2 mois et 27 jours où il a rythmé la vie des citoyens français.

Le calendrier républicain
Le calendrier républicain